Médiaction est une association qui intervient dans des problématiques d'insertion, d'éducation,

d'accompagnement et de formation

Ses objectifs sont de proposer des prestations

adaptées à tous les publics

 

Nous nous attachons à n'exclure personne !


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Qu'est-ce la Médiaction ?

La Médiaction est un concept vivant, donc une idée, une façon de vivre et d’exister pour/par et à travers un médium. Celui-ci peut être un élément simple de mise en relation, un outil ou une démarche réflexive plus complexe, qui s'oriente grâce à un accompagnement spécifique. L’articulation des vecteurs de communication qui permettent la mise en relation de deux ou plusieurs personnes (média) et la mise en action sur le terrain (action), se situent, de ce fait, au cœur d'un processus médiactif. C’est pourquoi l’accompagnement médiactif est «co-opératif». Toutes les personnes d'un tel dispositif sont donc concernées et «impliquables», à partir du moment où une lueur d'espoir existe et que s’installe un respect mutuel. (Jacques Serizel)

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Notre philosophie

L’Homme n’est-il pas au cœur de nos préoccupations ? Nous fonctionnons dans le respect de l’autre (alter), nous-même comme des autres ? Altérité et ipséité en couple d’action comme nous l’enseigne Paul Ricœur.
Il y a dans notre démarche une forme d’éc(h)ologie formatrice qui met en œuvre l’outil comme objet dont nous sommes les sujets.
Nos objectifs et donc notre philosophie sont de montrer et d’extérioriser les visages enfouis de chacun de nous par la formation et la communication. Chercher un regard réflexif porteur d’un sens. Le sens de votre sens.
Médiaction rêve et pense dans une idéologie qui se bâtit, comme l'homme se «re-construit» en marchant. Faire que l'autre se «re-connaisse» dans l'autre ne prend-il pas toute sa force dans les processus d'insertion et de réalisation de soi dans, par et avec l'autre ?

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Dispositif AMRAE

(Accompagnement Médiactif pour la « Re-connaisance » des Acquis des Expériences)

 

AMRAE travaille dans la dynamique des « Histoires de Vies » qui s’inscrit dans une volonté d’accompagnement spécifique, qui fait appel à tous les professionnels compétents et investis, qui ont une volonté d’agir commune, pour atteindre des objectifs précis, que sont l’obtention d’un diplôme bien sûr, mais bien plus encore la « re-connaissance » de l’être social, en construction sur le chemin de sa « ré-insertion ».

AMRAE a déjà fait l’objet d’une expérimentation dans le Loiret auprès de 5 chantiers d’insertion, des personnes sortant de prison et des personnes en recherche d’emploi.

 

Publics visés

La notion d’insertion est vaste. Elle concerne toute personne qui a des difficultés à entrer dans un dispositif de droit commun :

  • Qu’elle soit dans un dispositif de l’IAE.
  • En très grandes difficultés et qui ne se retrouve pas dans le dispositif proposé par Pôle emploi par incompréhension du système ou même du vocabulaire voire des outils,
  • En rupture avec les modes d’accompagnement moderne, la dématérialisation participant à l’isolement de certain public, renforçant ainsi l’exclusion,
  • Les personnes hébergées en CHRS ayant besoin de travailler un projet de vie afin de s’inscrire dans une démarche d’acteur de sa vie et d’indépendance
  • Les personnes sortant de prison ou sous-main de justice, stigmatisées par la peine et en décalage avec la société et parfois leur famille à la suite de leur période d’incarcération
  • Les personnes hospitalisées en psychiatrie.
  • Les personnes qui ne maîtrisent pas bien les savoirs de bases mais qui souhaitent valider leurs expériences…
  • Personnes handicapées…

 

Notre expérience de terrain nous amène à penser que c’est en professionnalisant le public en les accompagnant dans une réelle démarche qualifiante (reconnaissance, validation partielle d’un titre professionnel avec ou non une entrée en formation pour obtenir le diplôme complet) qu’il aura une réelle opportunité d’être dans une démarche d’inclusion active : c’est dans la rencontre entre l’employeur et le futur professionnel qualifié que l’accès à l’emploi pourra avoir un sens et devenir pérenne.

 

Description du dispositif

Pour AMRAE, le savoir-faire professionnel n’est pas une compétence, la compétence étant un « savoir-agir ». Pour Guy Le Boterf :

« …il s’est précisé au cours des dernières années à partir d’une meilleure connaissance des réalités de travail (travail prescrit/travail réel) et des valeurs socio-institutionnelles qui président à des différences d’appréciation d’une organisation à une autre. Ainsi l’on peut dire que l’analyse des situations de travail fait apparaître la nécessité pour un professionnel de pouvoir se référer aux normes et règles de son milieu professionnel d’appartenance pour construire avec sécurité et pertinence sa propre « façon de s’y prendre », sa propre « façon d’agir ».

Chaque collectif de travail, grâce aux leçons tirées de ses expériences accumulées, élabore ses propres règles du métier. Celles-ci définissent ce qu’il est admis et non admis de faire, ce qui peut être accepté et ce qui serait déplacé, et ce qui correspond aux « règles de l’art ».

C’est pourquoi c’est un travail sur la Reconnaissance des Acquis des Expériences qui est proposé à toutes les personnes qui le souhaitent, sur proposition des prescripteurs. L’accompagnement mis en œuvre s’articule autour de la personne en reconnaissance et AMRAE. Un contrat tripartite est signé avec la personne, le prescripteur et AMRAE.

L’accompagnement proposé prend en compte les besoins de la personne, ses envies, son environnement et sa motivation.

L’objectif est de proposer un travail de réflexion et d’action dans une notion de parcours individualisé et avec des étapes précises. Plusieurs démarches sont envisageables :

  • « Re-connaissance » de son parcours de vie
  • La Valorisation de la personne
  • La VAE
  • La Formation
  • Le Portfolio de Compétences…
  • L’important est que la personne prenne ou reprenne confiance en elle, avec un objectif principal : le retour à l’emploi.

 

Evaluation

En fonction des choix les modalités d’évaluation seront bien évidemment différentes. S’il est clair que l’obtention d’un diplôme est une évaluation positive, pour les autres démarches il faut poser des critères précis sur lesquels nous pourrons faire un point régulier sur l’avancement. Une forme de contrat d’action sera donc mise en place « co-signé » entre les prescripteurs, AMRAE et le « candidat » pour de manière régulière suivre l’évolution et arriver à un retour à l’emploi. C’est aussi dans cet objectif qu’un gros travail de connaissance des GEIQs et des groupements d’entreprises de la région, et des E.T.T.I. doit être fait.

Un suivi permanent sera donc réalisé pour informer nos partenaires…

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 Voici le nouveau livre de Jacques Serizel - Président de Médiaction
 
 
 
 
 
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Découvrez le nouveau livre de Jacques Serizel

(Président de Médiaction)

 

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 Le 06 septembre dernier André de Peretti s'en est allé, il avait 101 ans

 

 

 Nous avons beaucoup travaillé avec lui et il nous revient un de ses moments d'écriture :

 

« Tout ce qui permet d’aller au plus élevé de ses pensées, qu’elles soient celle d’une foi ou d’une incroyance, s’il monte assez haut, il est près de rejoindre les autres et il y a un aboutissement spirituel, pour Teilhard de Chardin dans une vision catholique ouverte. Il y a une rencontre des personnes dans laquelle les phénomènes de dénomination et de spécificité n’interviennent plus comme rejet-fermeture, mais comme inter-fertilisation, inter-fécondation, inter-rencontres positives, malgré toutes les difficultés et la coexistence nécessaire entre ces montées, ces aspirations, ces rencontres. Malgré cette compréhension, cette stimulation, cet étayage des cultures, des civilisations, les unes par les autres, il y a en même temps, des dérives, en même temps des exactions, il y a en même temps du terrorisme, il y a en même temps des phénomènes mafieux. Tout cela fait partie de la réalité, mais l’esprit de tout croyant et tout non croyant sincère, c’est de se battre contre toutes ces dérives, non pas en brutalité, mais de se battre en courage et en espérance tenace comme l’ont montré nos amis Marocains dans leurs revendications légitimes et profondes d’Indépendance… Si je parle du côté de mes amitiés Marocaines, il est sûr que dans les relations que j’avais à l’Istiqlal, au Maroc comme à Paris, j’ai le sentiment de leur contraste mais aussi de leur patience à voir l’Indépendance de leur pays et en même temps de la patience contrastée que leurs vœux ne soient pas réalisés magiquement de façon instantanée. »

 

André tu vas nous manquer, mais la beauté de tes gestes, tes chansons et ton humour magique restent graver dans notre cœur

 

Nous avons écrit un livre en 2011 suite à un colloque à Marrakech qui a eu lieu en novembre 2005 : "Rencontres entre cultures et pratiques d'apprentissages formels, informels et non formels"

 

André de Peretti : rencontres et compagnonnages franco-marocaine - Entretien avec Gaston Pineau

(Il est en partie extrait d'un film qui a été décrypté)

 

« A plusieurs reprises, nous nous sommes baignés dans les univers Marocains, dans un salon aux enluminures magiques. Nous retenions notre souffle, tant les moments étaient forts. Tout était simple. André de Peretti disait « Tourner ! », le calme se faisait et nous écoutions, presque en s’excusant d’être là, pour ne rien perdre… pas une miette. Le personnel de l’hôtel, dans lequel nous faisions l’enregistrement, s’arrêtait pour écouter. Un brin de fascination envahissait les lieux.

Plus que la pellicule, c’est la mémoire qui reste marquée par ces instants magiques, la promenade en calèche, le soleil de novembre pour arriver sur la place Jemaa El Fna et les repas partagés où André nous racontait sa vie… son parcours de vie. »

Armelle et Jacques Serizel

 

Voici le livre

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Découvrez la lettre d'information n°64 de l'ASIHVIF

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Voici les actes du colloque : Parcours de VAE en milieu carcéral

 

Cliquez ici

 

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Voici la lettre d'information numéro "0" bis AMRAE
"Re-connaissance des Acquis des Expériences"
 

 

 Pour lire l'article de "LA TRIBUNE HEBDO" du 01/07 juin 2016

"MEDIACTION prépare leur vie d'après"

(Benjamin Vasset)

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Retour sur le colloque

Parcours de Vie de VAE en milieu carcéral
Histoires de Vies Collectives et Croisements Expérienciels
Les 22 et 23 mars 2016 à Saint-Jean de Braye

 

 

Pour lire l'article de "L'INFFO FORMATION" du 15/30 avril 2016

"La Validation des Acquis en milieu carcéral, une ouverture vers l'emploi"

(Philippe Grandin)

Cliquez ici ou là (site de centre-inffo)

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Découvrez la Newsletter d'"Aabraysie développement" et de "Respire"

Rendez-vous en page 3

Cliquez ici

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Pour lire l'article de la "République du Centre" du 24 mars 2016

"Un premier colloque sur la VAE en milieu carcéral"

"Etudes en prison : ils racontent"

 (Blandine Lamorisse)

Cliquez ici ou là (site de la République du Centre)

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Pour lire l'article de "Le quotidien de l'information"

"La validation des acquis en milieu carcéral, une ouverture vers l’emploi"

(Philippe Grandin)

Cliquez ici

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Découvrez les nouveaux livres de Jacques Serizel et Armelle Roudaire

 

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Ecoutez le reportage diffusé sur RLP (Agathe Doisy) sur ce livre

Cliquez ici

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 Le 18 février 2015

 Remise des diplômes obtenus en VAE en milieu carcéral

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 Retrouvez-nous sur le site "Etoile" du GIP ALFA Centre

Cliquez ici

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Pour lire l'article de la République du Centre du 19/02/2015 (Blandine Lamorisse)

Cliquez ici ou là (site de la République du Centre)

Pour lire la suite : " Dans Médiaction, il y a action "  le 25/02/2015

Cliquez ici ou là (site de la République du Centre)

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Pour écouter le reportage de France Bleu Orléans (Christophe Dupuy)

Cliquez ici

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Pour lire l'article publié par la DIRECCTE Centre sur le projet de Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE) en milieu carcéral en région Centre

Cliquez ici

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Bilan du groupe de parentalité 2015 - Centre de Détention de Châteaudun

Rapport d'activités 2014

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 "JE PLANTE UN ARBRE "

et 

AUTRES ACTIONS REALISEES EN PARTENARIAT AVEC LE MINISTERE DE LA JUSTICE, L'ACSE, LE FSE...

 

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PROFESSIONNALISATION DU PARCOURS DES « TIGISTES » DANS LE DOMAINE DU DEVELOPPEMENT DURABLE DANS UNE ORGANISATION ECONOMIQUE, SOCIALE ET SOLIDAIRE

 

Expérience de Travail d'Intérêt Général (TIG) collectif en partenariat avec l’Office National des Forêts (O.N.F.)

« Par sa nature, la peine de travail d’intérêt général implique pour son exécution la mobilisation des acteurs judiciaires… mais aussi des partenaires locaux ». Dans le bulletin officiel du Ministère de la justice et des Libertés de mai 2011, il est suggéré « d’innover pour développer les TIG ». Nous pensons que nous pouvons œuvrer pour développer de « nouvelles formes de TIG dans les domaines du développement durable… », en orientant notre action sur des « TIG collectifs » à visée « pédagogique ».

C’est en jouant de l’alternance entre formation formelle, informelle et non formelle que nous souhaitons intervenir dans le cadre de ce travail. En effet, retrouver le sens de l’action nécessite une collaboration étroite entre l’acte et la parole sur l’acte. En intervenant sur le terrain (forêts, abords des rivières…), chaque personne du groupe encadrée par un professionnel sera à même de se mesurer à ce qu’elle est, ce qu’elle sait faire, et ce qu’elle ne sait pas faire, en apprenant les gestes adaptés et une technique particulière.

Un travail de groupe animé par deux intervenants, formateurs agréés viendra faciliter la mise en mot de ce qui s’est vécu sur le terrain, et viendra valider ou non la prise de connaissance par chacun de ses compétences. Ce travail sur les croisements de savoirs (ou de regards) autour d’une technique transmise par des professionnels (O.N.F.) et d’un vécu commun autour d’une tache à effectuer doit inscrire la personne dans un travail de réflexion, réflexion sur ce qu’il est, ce qu’il fait et ce qu’il voudrait faire ou être.

Le TIG collectif doit être un tremplin, un véritable travail de réflexion sur son orientation de vie, pour une ré-inscription dans un parcours de professionnalisation, soit en chantier d’insertion, soit par une entrée en formation technique. C’est pourquoi nous sollicitons le partenariat avec deux organismes : un chantier d’insertion (Respire et un centre de formation l’AFPA pour les personnes souhaitant s’orienter dans le domaine des espaces verts, tout comme dans le bâtiment et le commerce.).

Médiaction se propose de travailler en coopération avec les techniciens de l’O.N.F. pour à certains moments venir sur le terrain et partager ensemble des temps et des échanges de pratiques. Ce regard tiers que nous viendrons porter ne doit pas être vécu comme persécuteur ni contrôleur mais bien inscrit dans une démarche de valorisation pour le tigiste-apprenant mais aussi pour le tuteur-formateur. Cette présence de terrain vise à accompagner le tuteur afin de mieux appréhender des échanges à distance sur ce qui est vécu en notre absence dans la relation avec le tigiste. 

C’est grâce au groupe que chaque individu se trouve une place et se construit une identité, identité de groupe, mais surtout identité personnelle. Tout le travail de l’accompagnateur repose sur la dynamique des échanges, la valorisation de chacun et le respect du cadre. L’accompagnement se situe dans un travail de réciprocité tant du côté de l’accompagnant que du côté du tigiste. Cette réciprocité interlocutive médiatisée par le TIG devient alors un véritable travail de soi sur soi grâce à l’autre.

 Les objectifs de ce TIG Collectif sont de

  • prévenir la récidive
  • Constituer une alternative à une courte peine d’emprisonnement:
  • Permettre l’insertion de condamnés majeurs
  • Définir et initier un parcours d’insertion pérenne
  • Orienter sur un parcours de qualification (VAE, formation)

 

"JE PLANTE UN ARBRE"

Suite à un TIG Collectif, des anciens Tigistes plantent un arbre à l’Arboretum des Barres

 En partenariat avec l’Arborétum des Barres (O.N.F), la direction départementale de pôle emploi du Loiret, La Mission locale du Loiret, l’AFPA région centre, la régie de quartier RESPIRE, L’association Médiaction a mis en action un TIG (Travail d’Intérêt Général) collectif. Il s’est déroulé à l’Arborétum des Barres à Nogent sur Vernisson du 03 au 21 décembre 2012. À l’issue de cette action, des Tigistes ont souhaité symboliser leur passage et laisser une trace pour leurs enfants. Ils ont donc planté un arbre le jeudi 14 février prochain à partir de 11 heures 00

Nous pouvons dire à ce jour que Le TIG Collectif a été vécu de manière positive grâce au dynamisme des partenaires. En effet les Tigistes ont pu durant ces trois semaines :

  • Effectuer un travail de terrain à l’Arboretum des Barres
  • Rencontrer l’AFPA pour réfléchir sur un parcours de formation, effectuer des tests et se « re-situer » dans un environnent de formation
  • Rencontrer la Mission locale pour s’informer
  • Participer à des séances de compréhension de leur vécu
  • Participer à une séance de retour sur leur image dans un atelier « image de soi » 

 « Je plante un arbre » est le symbole d’une forme d’énergie retrouvée dans la durée qui est l’élément majeur d’une insertion sociale construite.

 Cette action a été financée conjointement par la préfecture du Loiret et le ministère de la Justice dans le cadre du FIPD (Fond Interministériel de la Prévention de la Délinquance).

Lire :

Le communiqué de presse

L'article de la république du centre du 13/02/13

Ecouter :

Les infos de Radio Châlette du 16/02/13

Voir :

La vidéo

 

 

ANIMATION D'UN GROUPE DE PAROLES AVEC MEDIATION

(Fabrication d'objets destinés aux enfants des détenus)

Ce groupe de paroles qui n'est pas un groupe thérapeutique, s'inscrit dans un travail de partenariat avec l'association RELAIS ENFANTS-PARENTS d’Orléans, qui travaille à favoriser le maintien du lien parental entre l'enfant et son parent détenu.

En effet, « le lien qui existe entre une personne emprisonnée et son proche n’est forcément plus le même qu’avant l’incarcération »…  « La première raison qui explique la transformation de ce lien, c’est la raison pour laquelle le proche est en prison »[1]. Comment maintenir les droits de la personne détenue et surtout le lien entre l’enfant et son parent incarcéré (article 9 de la Convention européenne des Droits de l’enfant et l’article D402 du Code de Procédure Pénal) ? Comme le dit Marie-France Blanco, fondatrice et présidente des REP, « Même si on peut imaginer que c’est dur, difficile pour un enfant de se rendre dans une prison, il vaut mieux qu’il voit son père ou sa mère, parce que justement c’est son père ou sa mère »[2].

Ce groupe de soutien à la parentalité et d’accompagnement des parents dans leur relation avec leur enfant permet de donner la parole à des personnes qui sont Père avant d’être une personne détenue, et séparé de leur(s) enfant(s). Il est un des espaces mis à leur disposition pour maintenir ce lien abimé par le poids de la séparation, mais qui est primordial pour envisager un futur en dehors des mûrs.

Il s'adresse aux hommes, pères qui ont le souhait d'aborder toutes les questions nées de leur situation de détenu par rapport à leurs enfants.

Il permet :

- D’aborder en groupe la place que chacun occupait dans la cellule familiale avant l’incarcération, auprès de leur(s) enfant(s), la place qui leur est laissée malgré l’absence liée à la détention et la place qu’il occupe aujourd’hui dans le projet de vie de l’enfant et de la famille.

- De parler et de connaître les droits et devoirs de chacun des parents.

- Grâce à un travail de groupe, de faciliter la parole autour des difficultés à exercer et faire reconnaitre ses droits.

- De connaître les instances que chacun peut saisir pour que des visites aux parloirs soient organisées. 

- De réfléchir sur les moyens d'exercer la fonction parentale pendant la détention (courrier, téléphone, parloirs...).

- D'éviter « l’évincement du rôle du père »  en accompagnant la personne à s'intéresser à la vie quotidienne de son enfant, son environnement (famille, camarades...) sa scolarité (demande de consultation des bulletins scolaires avec la possibilité de les signer, discussion sur les projets d'orientation ou d'avenir) ses préoccupations, ses goûts, ses projets.

- De pouvoir trouver des mots simples pour pouvoir un jour expliquer les raisons de sa situation de détenu.

- De pouvoir recevoir les mots (maux) de son enfant lors des visites, ou lorsque celui-ci les refuse.

- D'amener son enfant à mieux comprendre ce qu'il (elle) vit afin de lui éviter de se réfugier dans un imaginaire destructeur (sentiment de culpabilité).

- D'aborder tous les problèmes qui peuvent naître de la situation de parent détenu par rapport à son enfant.

- De ne pas résumer l’absence du père à un acte délictueux mais surtout faire de chacun des contacts qu’il peut avoir, téléphonique ou au parloir, des moments où chacun vient prouver à l’autre que le lien n’est pas rompu, et que la vie continue.

 

Quand il est difficile de parler, l’objet peut venir aider à être « à nouveau ensemble ». Comme le dit Aucouturier : « créer, c’est une manière très personnalisée et médiatisée de se dire à l’autre. C’est affirmer sa compétence à investir l’espace, les objets, les personnes et leur donner une variété de sens symboliques . La création, dans sa phase de développement, est une libération de nos tensions qui évolue vers un bien être où il y a espoir de communiquer et de reconnaître. » Aussi, utiliser les compétences de chacun pour créer pour son enfant et lui donner quelque chose qui vienne symboliser le lien et non la séparation, vient ancrer un peu plus le père dans sa place auprès de son enfant.

Le croisement des savoirs dans le groupe est favorisé pour que chacun puisse « se réaliser » et se montrer en tant que père qui construit « un pont entre deux rives », un pont construit avec amour dans un espace où le respect de la souffrance de chacun vient permettre de dire la peur de  « perdre une partie de soi », à savoir la place auprès de son enfant.

 

UN APPARTEMENT COMME LIEU INTERMEDIAIRE

Il s’agit avant tout d’offrir un lieu intermédiaire entre l’incarcération et la vie autonome de personnes suivis par le SPIP, n’ayant aucun hébergement dans un but de lutte contre la récidive. En effet, toute peine terminée ou aménagée laisse des stigmates que nous devons lever pour que la personne retrouve une identité propre et une place de citoyen. Souvent « désincarnée » et « des-insérée » de tout groupe social, l’accompagnement tripartite que nous proposons entre le Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation (SPIP), la personne et Médiaction doit lui permettre de devenir auteur de sa vie grâce à l’alternance de présence et de moment d’absence. C’est ainsi que nous émettons l’idée que le sujet doit devenir acteur de sa vie et de son devenir. L’association Médiaction met à disposition un appartement de type studio, situé dans une petite copropriété à Orléans. L’accompagnement de la personne est assuré par son Conseiller Pénitentiaire d'Insertion et de Probation (CPIP) référent. L’association Médiaction offre de son côté une écoute attentive qui est plus de l’ordre d’un accompagnement de proximité, se préoccupant des repas (partenariat avec la banque alimentaire), de la vie au quotidien dans l’appartement et des difficultés inhérentes aux inhibitions potentielles liées aux regards des différentes administrations. Elle a pour objectifs d’aider la personne à se ré-approprier ses droits de citoyen en se réinscrivant dans tous ce qui est « de droits communs ». Une présence permanente, 24heures/24 favorisée par la mise en place d’une astreinte téléphonique, doit sécuriser la personne qui seule dans son logement peut se trouver en proie à des angoisses qu’il nous faut prendre en compte, afin de limiter les risques de récidives de tous ordres. Médiaction joue donc de l’alternance présence/distance pour permettre à la personne de progressivement reprendre confiance en elle.

Il est bien entendu que ce travail ne peut se faire qu’en étroite collaboration avec les deux services, évitant ainsi à la personne de jouer de dysfonctionnements institutionnels

Notre action s’adresse à des personnes suivies par le SPIP d’Orléans, sortant de prison ou sous main de justice, avec ou sans aménagement de peine, avec bracelet électronique ou sans solution d’hébergement. Accéder à un appartement permet d’accéder à des solutions transitoires autres que la détention, solutions qui permettent d’envisager des recherches d’emploi, de logements et d’accéder à tout ce qui est de droit commun.

 

LA VAE

Notre expérience de terrain nous amène à constater qu’un certain nombre de personnes se trouvent marginalisées parce qu’oubliées des systèmes classiques d’insertion. Leurs difficultés sociales freinent leur intégration dans des dispositifs de formation traditionnelle, tels que la VAE, sous prétexte qu’elles ne peuvent prétendre à aucun  financement, qu’elles sont très éloignées de l’emploi, qu’elles ne maîtrisent pas suffisamment la langue française malgré leurs expériences de terrain, ou qu’elles ne relèvent plus de ce que les professionnels de « l’insertion-sociale » appelle « le droit commun ».

Or l’accès à la validation des acquis de l’expérience est un droit et chaque citoyen peut en bénéficier. Il nous faut pour cela inventer et adapter notre dispositif de droit commun à la problématique de ces personnes. Nous devons pouvoir mettre en place des procédures spécifiques et nous adapter à tout public pour un accompagnement et une reconnaissance des acquis de la personne.

Médiaction souhaite proposer aux personnes incarcérées ou sous main de justice, ainsi qu’aux personnes très marginalisées, ayant de grosses lacunes dans les apprentissages de bases (écriture, calcul, lecture) l’accès à la validation des acquis de l’expérience. La notion de « formation tout au long de la vie » doit pouvoir toucher toutes les populations remplissant un minimum de conditions au niveau expérientiel.

Si nous reprenons les différents textes de loi ainsi que le code pénal, la validation des acquis de l’expérience a aussi toute sa place dans le milieu pénitencier. Elle nécessite un travail de partenariat avec les CPIP et une bonne compréhension de ce dispositif pour mieux l’adapter en détention.

En effet, Le préambule de la constitution de 1946 prévoit que « le droit à l’instruction est prévu à toute personne à l’enfant comme à l’adulte… ».

De plus, l’article D450 du code de Procédure Pénale précise que : « les détenus doivent acquérir ou développer les connaissances qui leur seront nécessaires après leur libération en vue d’une meilleure adaptation sociale… ».

D’autre part, l’article D.452 de ce même code prévoit aussi que : « S’agissant des autres études et formations, les détenus doivent pouvoir se livrer à toutes études compatibles avec leur situation pénale et les conditions de détention ». Cet article précise aussi que les détenus : « peuvent être admis à passer les examens sanctionnant ces études ».

Au regard des textes, la VAE ne peut être qu’un outil de plus pour travailler à la sortie de détention et à une plus grande probabilité pour la personne de trouver du travail. Si même elle n’obtient qu’une validation partielle d’un diplôme, elle a plus d’atout devant un employeur que celui qui n’a rien.

C’est donc sur ces bases que nous avançons vers un dispositif particulier d’accompagnement à la valorisation et à la validation des acquis de l’expérience de personnes jusque là peu à même d’en bénéficier.

 

 ACCOMPAGNEMENT A LA PARENTALITE DANS LA GESTION DE LA PREVENTION DES CONFLITS EXPRIMES AU COLLEGE

Nous assistons depuis plusieurs années à un épuisement des adultes, parents, professionnels et personnel de collèges, face à des comportements « inadaptés » et incompréhensibles (violences, racket, harcèlement, trafics multiples, absentéisme…) posés par des élèves. Sans solution, l’adulte se sent démuni, et le jeune emmené dans un engrenage dont il ne mesure pas forcément le danger. Pour tenter de comprendre cette montée d’incompréhension qui engendre souvent des phénomènes d’exclusion, et alimente une recrudescence de la délinquance et une peur « des jeunes » dans la population, Médiaction propose de mettre en place un projet d’accompagnement à la parentalité dans la gestion de la prévention des conflits exprimés au collège. 

Le projet élaboré n’a pas pu être mis en place, mais reste, en l’état fonctionnel.


[1] http://prisons.fr/maintienliensfamilaiux.html - Site prison
[2] Ibid 1